Arles : un distributeur automatique pour vendre ses fruits et légumes

Posted on septembre 9th, 2016 in Information GSI, installation distributeur automatique, Non classé, Vente du producteur au consomateur. http://www.laprovence.com/article/edition-arles/4103023/un-distributeur-automatique-pour-vendre-ses-fruits-et-legumes.html#next G.S.I.GSIglobal service innovationGlobal Service Innovation GSI

L’idée a germé il y a trois ans. Mais l’agriculteur Lilian Estienne n’a pu la mettre en pratique qu’en juin dernier, après avoir ferraillé pour obtenir un accord de financement. « On a serré les boulons au maximum, et la banque a pu nous suivre« , raconte Lilian, ainsi soutenu dans un projet inédit dans les Bouches-du-Rhône, et encore rare dans le pays : l’installation d’un distributeur automatique de fruits et légumes à Orgon, à côté de « Ma boulangerie », sur l’ex-nationale 7, à la sortie de la ville en direction de Plan d’Orgon, où l’on peut, après quelques manipulations sur un clavier, directement faire son marché !

Autour des 45 casiers de la structure (fournie par l’entreprise Global Services), Lilian Estienne, ébéniste de formation, a monté un chalet en bois avec un système de climatisation, pour conserver une certaine fraîcheur aux produits proposés, produits qui viennent tous de sa ferme, à l’exception des oeufs et du miel. Mais les fruits et légumes sont bel et bien cultivés sur les 11 hectares de la ferme Estienne, entre Saint-Andiol, Cabannes, Mollégès, et Plan d’Orgon, et c’est la production « bio » de l’agriculteur qui vient garnir les casiers du distributeur automatique. Au menu, tomates de toutes sortes, pommes, aubergines blanches ou violettes, pommes de terre, haricots… le tout à des tarifs plutôt abordables. « Pour les prix, je ne savais pas trop comment faire, alors je me suis dit que j’allais les établir en fonction de la récolte, explique Lilian. Pour les tomates anciennes, cette année j’en ai eu beaucoup, donc j’ai fixé le prix à 3,50  le kilo. Et j’ai vu dans des supermarchés que la tomate bio était à 4,30  le kilo. » Autre possibilité pour le consommateur, des paniers garnis de différents fruits et légumes, un peu comme ce qui se fait dans les Amap (l’agriculteur alimente d’ailleurs celles de Saint-Andiol, Martigues et Istres).

Un choix varié

Avec la garantie d’avoir des produits frais, et sains. « Je viens tous les jours vérifier les casiers, dès que c’est vide je remplis, et tout ce qui est tomate, courgette, aubergines… je l’enlève au bout de deux jours« , assure le paysan saint-andiolais, qui commence à être récompensé de son audace. « C’est un gros investissement de départ, mais si on trouve le lieu adapté la clientèle se fait assez rapidement. Finalement, c’est un peu le contraire d’un marché, indique Lilian Estienne. Et je suis agréablement surpris, parce que j’ai l’impression que les gens l’attendaient, que c’est un besoin. On m’a déjà demandé si je serai là cet hiver, oui, je serai là !« 

C’est sûr, la variété de choix ne sera pas la même, l’agriculteur bio respectant évidemment la saisonnalité des produits. Le consommateur devra donc parfois s’armer de patience… comme le producteur ! « La transition peut être dure, surtout au printemps, souligne Lilian Estienne. En avril il y a déjà plein de tomates en rayon, et les vôtres, elles ne sont pas rouges !« 

Mais en tout cas, le départ est prometteur. Dommage pour les autres paysans qui ne sont pas lancés dans l’aventure. « Au début je voulais une structure plus grosse, en commun avec d’autres producteurs, mais tout le monde a baissé la tête, se souvient-il. Et pour l’instant, j’arrive à remplir les casiers avec mes produits. On verra après… » Surtout, les recettes générées sont déjà bien au-dessus des frais de fonctionnement de la structure… même si elles ne permettent pas encore l’embauche d’un salarié qui s’occuperait exclusivement du distributeur. Pour ça, il faudra que le projet mûrisse encore un peu…


La carte bancaire pour bientôt

Comment faire pour acheter au distributeur ? C’est très simple, il faut avoir de la monnaie (billets ou pièces) avant de choisir le ou les produits ciblés en suivant les instructions qui sont détaillées sur le module de paiement. Module qui sera changé en octobre, pour permettre un paiement par carte bancaire. Côté produits, l’automne arrive, et le consommateur pourra bientôt se procurer radis, épinards, betteraves, carottes ou navets.

Christophe Vial avec José Bueno